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Renaissance mon voyage vers Soissons

En quittant la maison d'arrêt de Rouen, un nouveau chapitre de ma vie s’ouvrait devant moi, empreint d’incertitudes et d’espoirs. C’est Alain Roussel, un ami fidèle, qui m’a tendu la main et m’a accueilli à Soissons, cette ville qui marquait le début d’un parcours incertain mais nécessaire. Là, tout était à reconstruire. Tout ce que j’avais appris jusqu’à ce moment-là, mes certitudes et mes repères, devait être mis de côté. C’était le moment de repartir de zéro, d’abandonner les vieux schémas pour accueillir un apprentissage renouvelé. Les leçons du passé ne devenaient plus que des outils, des compléments essentiels à la richesse d’une vie nouvelle, une vie à réinventer.

Le décès de mon père et ma mère en 1999 et 2017 a laissé un vide profond. Ne pas pouvoir assister à ses funérailles a intensifié ma douleur et mon regret.

"Retour en prison et hôpital psychiatrique"

"Cette instabilité m'a fait retourner en prison, à l'hôpital psychiatrique, à l'hôpital de prémontré et à la maison d'arrêt de Laon

À 67 ans, je regarde le chemin parcouru, avec ses hauts et ses bas, ses épreuves et ses moments de grâce. Ma vie n’a pas été un fleuve tranquille, loin de là. Elle a été faite de luttes, de doutes, de réinventions permanentes. Chaque étape a été un combat, mais aussi une chance d’apprendre, de me redresser après chaque chute, de comprendre qu’il n’y a pas de vrai échec, seulement des leçons à tirer. Les années m’ont forgé, m’ont appris que le bonheur n’est pas une destination mais un chemin, et qu’il n’est jamais trop tard pour repartir à zéro, pour réécrire sa propre histoire, même lorsqu’on pense qu’il n’y a plus de temps à perdre.

Aujourd’hui, je regarde la vie avec la sérénité de celui qui sait que chaque instant vécu, même les plus difficiles, ont été des étapes essentielles vers la sagesse. Et si je devais repartir de zéro à chaque fois, je le ferais sans hésiter, car ce que j’ai appris, je ne l’ai pas seulement appris pour moi, mais pour ceux qui croisent mon chemin. Chaque défi m’a rapproché d’une vérité simple mais puissante : ce qui compte, ce n’est pas de vivre une vie sans heurts, mais de savoir comment renaître à chaque obstacle, comment grandir à travers chaque épreuve. La richesse de la vie se trouve dans ces moments où l’on choisit de se relever, de se réinventer, d’avancer, peu importe le poids des années ou des erreurs passées.

À la suite de ma sortie d’hospitalisation psychiatrique en 2022, je suis arrivé à la résidence Coalia, un lieu qui représentait pour moi un nouveau départ, mais aussi une montagne à gravir. Là, j’ai commencé à me créer un petit cocon, un espace où ma vie, bien que fragile, pouvait se reconstruire petit à petit. Mais ce n’était pas facile. Chaque journée était marquée par l’incertitude, une incertitude nourrie par le passé et les défis du présent. Les échos de mon vécu résonnaient dans chaque recoin de cet endroit, et pourtant, c’est ici que je devais tout reprendre à zéro. C’était un lieu où je devais réapprendre à vivre, à me comprendre, à accepter que chaque pas en avant n’était qu’un début, une promesse de mieux-être à venir, mais sans certitude aucune. Pourtant, au milieu de cette incertitude, j’ai trouvé la force de m’adapter, de transformer ce qui semblait être un fardeau en une occasion de renaître, doucement, lentement, et surtout, à mon rythme.

Me voilà établi dans un logement précaire, un toit temporaire, mais qui m'offre pourtant un peu de répit. Chaque jour, je me réveille avec une seule idée en tête : trouver un nouveau logement, un endroit stable où je pourrai enfin poser mes valises et finir mes jours dans la tranquillité. L'incertitude de la précarité m'étouffe, mais elle alimente aussi mon désir de m'ancrer quelque part, de me reconstruire, de créer un espace à moi. Un lieu où je pourrai enfin exister sans la peur du lendemain, où je serai libre de vivre sans me battre constamment contre le vent.

Les démarches sont longues, parfois décourageantes, mais j'y mets tout mon espoir. Car derrière chaque formulaire, chaque visite, chaque porte fermée, je vois une possibilité. J'imagine ce jour où je poserai mes valises, où je m'arrêterai de courir après l'invisible. Ce jour où je pourrai dire :               "C’est chez moi."

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